Communiqué de presse: La Société des avocats noirs – Society of Black Lawyers (SBL), L’Association des avocats musulmans du RU – Association of Muslim Lawyers UK (AML) et l’Union panafricaine des avocats (UPA/PALU) condamnent le décret de contrôle extrême du Président Trump en lequel elles voient une forme de profilage discriminatoire ethnique et religieux contre les pays à majorité musulmane

SBLAMLPALU

Trois éminentes organisations de défense des droits de l’homme condamnent très fermement et sans détour le décret qu’a signé le Président Trump, de manière inquiétante et peut-être délibérée, le vendredi 29 janvier 2017, jour de la commémoration de la journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste.

« En tant qu’organisations engagées à défendre les droits de l’homme et le droit international pour tous, nous dénonçons avec vigueur la décision d’utiliser des moyens de contrôle extrêmes pour ségréguer et stéréotyper les personnes originaires de pays dont les ressortissants sont frappés d’interdiction d’entrée aux États-Unis ».

Le décret présidentiel a entièrement interrompu pour 120 jours, le programme des États-Unis pour les réfugiés et bloqué pour une durée indéterminée l’entrée dans le pays des réfugiés syriens. L’accès est également suspendu pour 90 jours aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane : Iran, Iraq, Lybie, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen.

Le refus d’entrée aux États-Unis à une personne sur la base de son origine et de sa religion est une injure à la constitution des États-Unis. Il viole le système judiciaire du pays qui, comme la constitution, est fondé sur l’égalité des droits pour tous. Le décret présidentiel vise directement les pays à majorité musulmane. Cette ignoble procédure discriminatoire de contrôle peut ne pas explicitement désigner la confession musulmane comme étant son fondement et le Président Trump peut absurdement, lui-même le nier mais, il est hautement hypocrite de prétendre que l’islamophobie ne constitue pas le moteur qui est le fondement de ce décret.

Le caractère discriminatoire de la politique vient défier de manière fondamentale les lois des États-Unis sur la discrimination religieuse. Le premier amendement à la constitution des États-Unis dispose clairement que :

« Le Congrès ne fera aucune loi qui touche l'établissement ou interdise le libre exercice d'une religion, ni qui restreigne la liberté de la parole ou de la presse, ou le droit qu'a le peuple de s'assembler pacifiquement et d'adresser des pétitions au Gouvernement ».

Donald Deya, le Directeur exécutif de PALU a commenté en disant : « À l’heure où le monde fait face à d’énormes défis de conflits, de terrorisme, de trafic (y compris humain), de changement climatique et de régression démocratique, nous avons le devoir de prioriser une action collective et multilatérale basée sur le principe et sur le droit international humanitaire et non des réactions irréfléchies qui violent nos propres constitutions ainsi que le droit international humanitaire et qui fait le jeu des terroristes et des démagogues ».

Peter Herbert, Président de la SBL a déclaré pour sa part que : « Ce décret présidentiel est non seulement immoral mais également illégal puisqu’il va à l’encontre de la constitution des États-Unis et omet de mentionner les pays dont des ressortissants ont attaqué les USA, en l’occurrence l’Arabie Saoudite. Il n’est point motivé par la raison au contraire, constitue une action mal conçue suscitée par la xénophobie, le racisme, l’intolérance religieuse et la peur et qui servira d’instrument de propagande à tous les terroristes. La conséquence sur la vie des citoyens ordinaires respectueux des lois des pays concernés en est un drame personnel qui entamera irrémédiablement la soi-disant réputation de démocratie libérale des USA ».

Ismet Rawat, Présidente de l’AML a déclaré que : « Le ciblage délibéré et gratuit de millions de musulmans innocents est non seulement injustifié mais, démontre, une fois encore, le mépris du Président Trump pour l’humanité et pour les droits fondamentaux de tous les citoyens à voyager librement. Cela joue en faveur des extrémistes de tout bord et accroît l’insécurité dans le monde, et ce, encore plus pour les citoyens américains eux-mêmes. L’interdiction d’admission des refugiés syriens pour une durée indéterminée est un acte directement discriminatoire conçu pour cibler, punir et aggraver la situation de millions de personnes déjà victimes d’une extrême persécution en leur réservant sans distinction le même traitement qu’aux extrémistes aux mains desquelles ils ont souffert et continuent de souffrir ».

Un certain nombre de juges américains ont imposé un blocage temporaire à la déportation de personnes déjà arrivées aux États-Unis avec un visa valide mais arrêtées aux contrôles douaniers. Des milliers de personnes protestent à travers le pays. De par le monde, des voix condamnent cet état de fait et appellent à plus d’actions. Des démonstrations sont prévues ce soir au No 10 Downing Street (domicile de la Première ministre britannique).

Par le présent communiqué, nous dénonçons vigoureusement le vrai principe de ce décret présidentiel.

Par ailleurs, l’AML et la SBL invitent les personnes à travers le Royaume-Uni à signer la pétition réclamant l’annulation de la visite d’état du Président Trump au RU :

https://petition.parliament.uk/petitions/171928

Elles encouragent également à soutenir toutes les protestations légalement organisées au Royaume-Uni contre ces décrets.

Cliquez ici pour lire le communiqué de presse officielle.

Pour plus informations sur ce communiqué, contacter :

SBL :   D Peter Herbert O.B.E. : pherb5law@aol.com + 44 (0)7973 794946;

UPA/PALU : Donald Deya : secretariat@lawyersofafrica.org, +255 787 066 888

AML :   Ismet P. Rawat : ismet.rawat@gmail.com +78521 46056

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